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USAP : Bloc en toc - Lindependant.fr

jo basile

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USAP : Bloc en toc

Sept défaites à la Une, bonnet d’âne du classement : l’USAP a vécu le pire pour son retour en Top 14.
On a revu le match, et on s’est endormi. Seule la victoire compte dans ces cas-là. Samedi soir, sous une pluie diluvienne, Pau est allé chercher les quatre points du soulagement, abandonnant l’USAP à ses frustrations (12-9), au terme d’un premier bloc très décevant.


  • 1. Regrets
Avec des « si », l’USAP n’afficherait pas qu’un sourire de façade. C’est exactement ce qu’inspire un coup d’œil par-dessus l’épaule. Sur les sept premiers matches, tous conclus par des revers, le club catalan a regagné au moins quatre fois son vestiaire en se mordant les doigts.
Le butin final, trois bonus défensifs (personne ne fait mieux), aurait pu être tout autre. Face au Stade Français (15-46) et La Rochelle (37-10), rien à redire. Idem pour le bonus défensif arraché en toute fin de match face à Montpellier (20-23). Changement de décor à Agen (2e journée), adversaire désigné pour le maintien. L’USAP a manqué la pénalité de la gagne (Jackson) mais aurait pu aussi tenter la pénaltouche (défaite 25-23). Le week-end suivant face à Lyon (3e journée), elle pouvait tenter la pénalité du bonus défensif mais a préféré opter pour une pénaltouche. Choix perdant (16-22).
À Grenoble (5e journée), l’USAP manque d’un rien l’essai en fin de match qui lui offrait bonus offensif et défensif (31-22). Et samedi, à Pau, elle pouvait raisonnablement rentrer du Béarn avec les deux points du nul (12-9). Une victoire à Agen, un bonus défensif face à Lyon, deux à Grenoble et un point de plus avec un nul à Pau : dans ce paradis artificiel, l’USAP compterait aujourd’hui dix points, soit le total de Grenoble aujourd’hui (11e). Avec des « si »...

  • 2. Jeu et joueurs
La montée en Top 14 offrait à l’USAP un double défi : celui du jeu et des joueurs. Après sept journées, le jeu de possession cher à l’entraîneur Patrick Arlettaz n’a pas (encore ?) payé. Fautes de main et réelle difficulté à casser la ligne dans les 22 adverses : les maux sont identifiés. Les blessures (Piukala, Cocagi, Mjekevu, Sione) ou méformes (Mamea Lemalu) des joueurs les plus pénétrants n’aident en rien. L’USAP souffre d’une indiscipline criante. De quoi figurer parmi les équipes les plus cartonnées (6 jaunes) et saboter la continuité du jeu.
Mais tout n’est pas noir. S’il fallait distribuer les bons points, le flanker Lucas Bachelier pour son abattage et le deuxième ligne Berend Botha en leader de combat se sont affirmés. La question de la capacité de progression de cette génération de joueurs qui a fait remonter le club en Top 14 reste entière. Pour le reste, l’USAP tient la route, bon an mal an, rivalisant globalement en conquête. Enfin, avec moins de 75 % de réussite au pied, l’ouvreur Paddy Jackson est loin des standards d’un bon buteur du Top 14.

  • 3. Calendrier
Haro sur le calendrier, la complainte de l’automne. Les Catalans redoutaient d’être la bonne pomme. Et c’est ce qui est arrivé. En accueillant le haut du panier (Stade Français, Lyon, Montpellier) et en se déplaçant chez ses concurrents directs (Agen, La Rochelle, Grenoble, Pau), tandis que lesdits concurrents profitaient du calendrier inverse, l’USAP a grillé un paquet de cartouches.
Une course à handicap qui la positionne en course-poursuite jusqu’à la fin du championnat. Mentalement et physiquement épuisant. Surtout que l’espoir se niche dans un scénario trop idyllique pour être avalé d’un trait. À savoir : rendre coup pour coup à ses concurrents directs dans l’antre d’Aimé-Giral. Ça risque de ne pas suffire. L’USAP devra créer l’exploit pour forcer son destin.

  • 4. Ambiance
Jusqu’ici, tout va bien. La concorde sociale règne entre l’USAP et ses supporters, embarqués dans une même galère. Mais les premiers signes d’impatience et d’agacement ont vu le jour au lendemain de la défaite sur le fil à Pau.
Sur les réseaux sociaux, baromètre de l’humeur usapiste, le ton s’est durci à l’encontre des joueurs et du staff. En première ligne, les acteurs du terrain - qui « vivent bien ensemble », comme ils disent - font ce qu’ils peuvent, après s’être bercés d’illusions durant l’intersaison. Ils s’accrochent, ils progressent, ils luttent aussi contre la guigne (blessures, calendrier) accompagnant traditionnellement les promus, mais pour quel horizon ? L’essentiel - la survie - se joue maintenant avec la saison prochaine à préparer. Quel budget ? Quel sponsor national ? Quel staff ? Quelle équipe ?

Le président François Rivière, qui refuse toute interview à L’indépendant, n’a pour l’instant donné aucune orientation sur l’avenir du club. Gare au retour de bâton : à force de véhiculer un discours optimiste et d’entretenir un repli sur soi, l’USAP prend le risque de virer dans le déni. Les défaites s’enchaînent sans réaction extérieure. Et si les sang et or avaient besoin d’un électrochoc, du genre recrutement accéléré ?

Pierre Cribeillet et Vincent Couture
https://www.lindependant.fr/2018/10/08/usap-bloc-en-toc,4724192.php
 
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